Un thriller glaçant et addictif

À travers un drame familial, Jérémy Fel explore avec une implacable maîtrise les mécanismes de la violence.

Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire.
Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent.
La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue.
Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial.
Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres…
Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire.
Et il y a Helena…

Jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ? Un thriller glaçant et addictif, selon Catherine, bénévole à la P’tite Librairie.

Jérémy Fel a été scénariste de courts-métrages et libraire. Il travaille actuellement à l’adaptation au cinéma de son premier roman, Les Loups à leur porte (prix Polar en séries 2016). Helena est son second roman.

EXTRAIT

– Maman ?

Cindy se tenait sur le pas de la porte, un gros feutre rouge à la main.

– Oui, ma chérie ?
– Le monsieur veut te parler.
– Quoi ? Quel monsieur ?
– Celui qui est dehors. Il a froid. Il demande s’il peut venir avec nous.
– Cindy, il n’y a personne dehors, tu le sais bien !

La petite fille, n’ayant que faire de ce qu’elle venait de lui dire, la prit par la main et l’emmena dans le salon, où elle lui montra la fenêtre du doigt.

– Écoute, ma puce, dit Norma passablement énervée. Je ne sais pas à quoi tu joues, mais…

Ce qu’elle vit en premier fut le masque de loup en caoutchouc qu’il portait, dont le museau, d’un noir délavé, était déformé par le contact avec la vitre. Puis elle discerna mieux son propriétaire. Assez massif, haut d’au moins un mètre quatre- vingt-dix, vêtu d’une veste en cuir noir, une chaîne dorée pendant à son cou.

Cette fois, ce n’était pas un fantôme. Cette fois, ce qui se trouvait devant ses yeux était bien réel.

– Petit cochon ! Petit cochon ! dit-il avec emphase en tapotant la vitre de ses doigts gantés. Laisse-moi entrer ! Sinon, je vais souffler et souffler et ta maison va s’effrondrer !

Et il éclata de rire. Un rire rauque, malfaisant.

Norma attrapa le bras de sa lle et courut dans la cuisine, où elle ferma à clef la porte menant au jardin d’une main tremblante, n’osant pas regarder ce qui pouvait se tenir derrière les rideaux.

– Retourne dans ta chambre, lui ordonna-t-elle en l’amenant au pied de l’escalier. Tu t’y enfermes et tu n’ouvres à personne, compris ?

Cindy, après lui avoir promis de lui obéir, monta les marches au pas de course. Norma attendit d’entendre la porte claquer, puis le son de la serrure résonner dans le couloir, avant de retourner dans le salon, l’homme au masque ayant déjà disparu de l’autre côté de la fenêtre.

« Héléna », de Jérémy Fel, ed. Rivages

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